La construction de la pyramide de Kheops
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1. L ’utilisation de machines de bois rudimentaires, évoquée par Hérodote, permettant d’élever les blocs de gradin en gradin (crossaï et bômides), ce qui impliquerait l’emploi de milliers d’engins dans un site dépourvu de forêts ; cette technique semble de plus mal adaptée à la structure hétérogène de la pyramide, telle qu’on la connaît aujourd’hui, et au déplacement des monolithes. 2. La rampe droite frontale, levée de terre évoquée par Diodore de Sicile dont le volume, à apporter puis à évacuer atteindrait, selon certains auteurs, jusqu’à 3 fois celui de l’édifice. Or aucun dépôt d’une telle importance n’a été retrouvé dans les parages et, par contre, le volume de matériaux extraits de la carrière voisine n’en représente que les 5/6èmes. 3. La rampe hélicoïdale enveloppant la pyramide et constituée
en briques de terre séchée. Elle recèle des défauts
majeurs : le risque de glissement de sections entières de
rampe et la difficulté de tourner le convoi à chaque arête.
Elle implique surtout que des gradins restent apparents jusqu’à l’achèvement
et que le revêtement en pierre de Tourah soit ravalé à la
fin ou qu’il soit posé en partant du haut, ce qui est une
aberration en maçonnerie. Elle ne permet pas un contrôle
des dimensions pendant toute la durée des travaux et enfin pour être
efficace, son volume doit être d’environ 400.000 m3, ce qui
est énorme. Le premier, la rampe intérieure droite à quart tournant,
chaînon manquant entre une rampe extérieure limitée à moins
du tiers de la hauteur et l’emploi de machines pour les dernières
assises, permet, grâce à sa faible pente, d’assurer
en toute sécurité et dans des conditions optimales, la
continuité de l’approvisionnement du chantier en matériaux
pendant toute la durée des travaux. Les rampes et les machines La construction de la pyramide elle-même est assurée par une synthèse de trois techniques mises en oeuvre successivement: la
rampe extérieure la
rampe intérieure Chaque équipe de traction est affectée à une volée et ne tire un traîneau que pour cette portion de trajet; les équipes se relayant, les hommes peuvent « souffler » pendant le trajet de retour. Sur chaque palier la rotation des traîneaux est assurée au moyen d’une chèvre manœuvrée par des équipes de « grutiers ». Une coursive extérieure en bois se développant parallèlement à la rampe intérieure, assure une liaison complémentaire entre les paliers, permettant aux attelages de revenir au palier inférieur et aux autres corps de métier d’accéder aux diverses zones de chantier. A la fin de leur utilisation les encoches, réservées dans
les arêtes, sont soigneusement rebouchées avec des blocs
de même provenance laissés en attente de part et d’autre,
de telle sorte qu’aucune différence ne soit visible, ce
qui est le cas. - à partir de la 188ème assise (+ 130m) et jusqu’au
sommet de l’ouvrage, il ne reste plus que 8.000 m3 environ à
mettre en place. Pour cela les matériaux livrés par la rampe
intérieure, sur un dernier palier en encoche, sont élevés
à l’aide d'une
tour de levage en bois. Cette méthode est parfaitement adaptée
puisqu’à partir de ce niveau les blocs, plus petits, sont
désormais calibrés. Le système à contrepoids Le déplacement des énormes poutres et chevrons de la Chambre du Roi est assuré par un ingénieux système à contrepoids qui est utilisé pendant deux phases : la première pour hisser les blocs jusqu’à une aire de stockage provisoire aménagée en partie sud de l’assise au niveau + 43m (base de la Chambre du Roi), la seconde pour leur mise en place définitive à la hauteur des multiples plafonds. Le principe est de réduire l’effort nécessaire pour monter les poutres et chevrons, de remplacer un halage continu par de brèves et fortes tractions et de faire manœuvrer les attelages à l’horizontal au niveau de l’assise concernée. La combinaison de ces éléments est très avantageuse car: - la force restituée par le contrepoids aide à tracter
la charge à monter Ce système est basé à partir des composants suivants : - un contrepoids glissant dans la Grande Galerie suivant une pente de
26,2° Pour la montée des monolithes vers l’aire de stockage,
le contrepoids est réarmé avant chaque traction puis relié à la
charge à monter par l’intermédiaire d’un ensemble
de cordes segmentées, tel une chaîne d’arpenteur. Pour la montée des monolithes à chacun des niveaux des plafonds, un seul cycle est nécessaire, le dénivelé maximum du contrepoids dans la Grande Galerie (17m) correspondant exactement à la hauteur maximale à atteindre depuis l’aire de stockage Le système est d’abord expérimenté pour la
construction du toit de la Chambre de la Reine (celle-ci étant,
entre autre, une maquette grandeur nature in situ), et ses composants
sont constitués du couloir ascendant (26,2°) pour le contrepoids,
pour la première phase de la rampe extérieure parvenue
au niveau + 21m et pour la deuxième phase d’une première
rampe spéciale dans la face Sud de la pyramide intérieure érigée
autour de la Chambre de la Reine. L’arrivée de la 1ère
volée de la rampe intérieure au même niveau que la
Chambre de la Reine permet un approvisionnement complémentaire. L’alignement des murs Est de tous les ouvrages à l’intérieur de la pyramide et le décalage de 7,20 m des axes des couloirs vers l’Est s’explique ainsi : les monolithes arrivent tous sur le même côté de la Chambre à construire (de la Reine puis du Roi) et sont ensuite ripés latéralement et de façon dégressive vers l’Ouest jusqu’à couvrir la totalité de celle-ci. Le contrepoids est à poids variable. Il est composé de
3 gros blocs de granite sertis dans un chariot à patins glissant
sur les banquettes latérales de la Grande Galerie, les blocs étant
suspendus dans la tranchée crée entre les 2 banquettes.
L’ensemble pèse 17 t mais son poids peut être augmenté en
fonction des besoins par l’apport de 1, 2 ou 3 blocs complémentaires
de 2,5 t chacun ; le maximum opérationnel est de 24,5 t. Pour le réarmement du contrepoids, il faut, en fonction du poids sélectionné et du niveau de plafond atteint, au maximum 80 hommes. Quand à la montée des charges et toujours en fonction du poids de celles-ci, il faut au maximum 60 hommes pour la première phase, et entre 60 et 120 hommes dans la deuxième. Ces chiffres montrent des attelages tout à fait coordonnables (cf. bas relief de Deir el-Bercheh), alors qu’il faut, sans contrepoids et sur une pente à 8%, 630 hommes pour haler une charge de 63 t telle qu’on en trouve dans les plafonds de la Chambre du Roi, ce qui est inconcevable. Le chariot est démonté en fin d’utilisation et ses composants sont évacués par la rehausse, hormis les 3 gros blocs de granite qui restent dans la glissière de la Grande Galerie : ils vont finir comme bouchons en bas du couloir ascendant. Conclusion Ce système logique et cohérent, on l’a vu, résout
parfaitement tous les problèmes rencontrés dans la construction
d’un tel ouvrage, et ne fait appel qu’à des outils
et techniques connus à cette époque. C’est le seul
qui permet d’utiliser définitivement la majeure partie des
matériaux extraits des carrières et nous savons que les
Egyptiens étaient très soucieux de ne pas gâcher
ceux-ci, les outils à leur disposition s’usant très
rapidement. La rampe extérieure permet, même en s’arrêtant
au niveau + 43m, d’approvisionner tous les monolithes et de réaliser
70% de la pyramide, grâce à la construction de la pyramide
intérieure autour et au-dessus de la Chambre du Roi jusqu'au niveau
+ 68m. La rampe intérieure permet, en réutilisant par ailleurs
une grande partie des matériaux provenant du démontage
de la rampe extérieure, la réalisation de la partie manquante
entre le niveau + 43m et le niveau + 68m, puis de continuer l’élévation
de la pyramide ; au niveau + 130m les machines prennent alors le
relais pour les dernières assises, la rampe intérieure
continuant à alimenter le chantier. Par ailleurs on sait aussi qu’à cette époque les chaldéens pratiquaient également le même principe pour leurs ziqqourats de forme tronconique, la rampe en spirale servant à les construire faisant partie intégrante du monument, n’étant pas édifiée provisoirement. En raison des surfaces planes des faces de la pyramide égyptienne, la seule solution sûre et facile pour faire tourner les traîneaux dans les angles était d’intégrer une rampe droite à l’intérieur de la pyramide et de créer des paliers en encoche dans les arêtes. Ainsi la rampe intérieure en spirale faisait aussi partie intégrante du monument. Enfin, le gigantisme de la Grande Galerie, enserrée entre 2 étroits couloirs, est ainsi justifié par son rôle de glissière d’un contrepoids aidant à réduire l’effort nécessaire pour monter les monolithes et le mystère du stockage des bouchons est lui aussi résolu puisque ceux-ci ont eu un rôle actif pendant de nombreuses années. Ingéniosité, simplicité, parfaite organisation
de chantier et économie de matériaux:
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| 1. LA BASE
DE LA THEORIE Les éléments à la base de la théorie ... |
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| 3. LE LIVRE Pour tout savoir, et étoffer sa bibliothèque... |
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